Résultats du bac

Sélectivité des écoles d'ingénieurs post-bac 2026

10 sept. 2026

Sélectivité 2026 des écoles d’ingénieurs accessibles via Parcoursup

Analyse du rang de recrutement des formations lors de la session Parcoursup 2025.

Jusqu’où chaque école doit-elle descendre dans le classement général des candidats pour constituer sa promotion ?

Après avoir étudié l’attractivité des écoles d’ingénieurs accessibles via Parcoursup, DAUR publie un second indicateur consacré à leur niveau de sélectivité.

Les deux notions sont complémentaires, mais elles ne répondent pas à la même question. L’attractivité mesure la préférence révélée lorsqu’un candidat peut choisir entre plusieurs écoles. La sélectivité décrit la profondeur du recrutement : jusqu’à quel rang une formation doit-elle aller pour remplir sa promotion ?

Une école peut ainsi être très demandée sans recruter exclusivement les candidats les mieux classés, notamment lorsqu’elle propose beaucoup de places. À l’inverse, une petite formation peut afficher un dernier admis très bien classé sans disposer d’une attractivité équivalente à celle d’un grand établissement national.

Une analyse fondée sur 317 formations et 18 643 intégrés

L’étude repose sur la même base que notre analyse de l’attractivité : 317 formations d’ingénierie, associées à 137 écoles ou groupes d’écoles, pour un total de 18 643 étudiants intégrés lors de la session étudiée.

Les formations d’une même école sont rassemblées grâce à la variable de regroupement « Groupe ». Cette étape permet de publier un indicateur à l’échelle de l’établissement tout en conservant la diversité de ses spécialités, de ses campus et de ses voies d’accès.

Le périmètre couvre 876 654 candidatures comptabilisées au niveau des formations. Il ne s’agit pas d’un nombre de candidats uniques : un même lycéen peut avoir formulé plusieurs vœux et être comptabilisé dans plusieurs formations.

Le rang du dernier admis comme mesure de la sélectivité

Pour chaque formation f, DAUR reconstitue le rang du dernier étudiant intégré dans le classement général :

où Rs désigne le rang général de l’étudiant synthétique s.

Plus Df est faible, moins la formation doit descendre dans le classement pour constituer sa promotion et plus elle est considérée comme sélective. À l’inverse, un rang élevé indique un recrutement plus profond dans la population classée.

Cette mesure diffère d’un simple taux d’admission. Un taux d’admission dépend fortement du nombre de candidatures reçues, y compris de candidatures peu susceptibles d’aboutir. Le rang du dernier admis se concentre sur la position effective de la frontière de recrutement dans un classement commun.

Une moyenne pondérée pour comparer les écoles

Une école peut proposer plusieurs formations dont les tailles et les niveaux de sélectivité sont très différents. Le rang de sélectivité de l’école e est calculé comme une moyenne pondérée par les effectifs intégrés :

où :

  • Df est le rang du dernier admis de la formation f;

  • nf est le nombre d’étudiants intégrés dans cette formation ;

  • De est le rang moyen pondéré du dernier admis pour l’école.

Cette pondération donne davantage d’importance aux formations qui représentent effectivement la majorité de la promotion. Elle limite aussi l’influence d’un cursus très réduit dont le dernier admis pourrait être atypique.

Le rang brut est ensuite transformé afin d’obtenir un indicateur plus lisible. Comme un rang faible correspond à une sélectivité forte, le sens de l’échelle est inversé :

Un score proche de 100 correspond donc aux recrutements les plus resserrés, tandis qu’un score proche de 0 correspond aux établissements allant le plus loin dans le classement général pour constituer leurs promotions.

Le score est une normalisation linéaire, et non un percentile. Une école obtenant 80 n’est pas nécessairement située dans les 20 % les plus sélectifs. De même, un écart de dix points ne signifie pas qu’une école est « 10 % plus sélective » qu’une autre.

Les bornes Dmin⁡ et Dmax⁡ sont déterminées sur le périmètre complet du modèle (incluant CPGE, écoles vétérinaire, écoles d'architecture, etc.), puis le graphique est filtré sur les groupes d’ingénierie. L’école placée en tête du visuel peut donc obtenir un score légèrement inférieur à 100.

Contrairement au score d’attractivité Bradley–Terry, l’écart entre deux scores de sélectivité ne peut pas être transformé en probabilité de préférence. Les deux indicateurs utilisent une échelle de 0 à 100 pour faciliter la lecture, mais leur interprétation statistique reste différente.

Résultats

Sélectivité des écoles d'ingénieurs post-CPGE 2026

Lecture : plus une école est placée haut, plus son recrutement est sélectif. La position horizontale ne porte aucune information et sert uniquement à rendre les logos lisibles. Les traits turquoise matérialisent la hauteur du score. Données : session Parcoursup 2025.

Les INSA restent les écoles les plus sélectives

Le groupe INSA est particulièrement présent dans le haut du graphique. INSA Lyon obtient un score proche de 89 et INSA Toulouse se situe autour de 87. INSA Rennes figure également parmi les établissements les plus sélectifs, à proximité de 80.

L’UTC se positionne elle aussi autour de 81. Plus bas, INSA Rouen Normandie et IMT Nord Europe se situent autour de 70, tandis qu’INSA Strasbourg reste légèrement en dessous de ce seuil.

Par ailleurs, certaines écoles recrutant principalement post-CPGE ont ouvert des formations très sélectives avec un nombre de place limité post-bac, c'est notamment le cas pour l'école Centrale Lyon avec Cap'ECL et pour les écoles de Bordeaux INP avec CPBx

Ces résultats montrent que plusieurs formations publiques post-bac peuvent constituer des promotions importantes tout en conservant une frontière de recrutement élevée.

Des écarts marqués au sein des mêmes réseaux

La sélectivité des écoles est plus dispersée au sein des réseaux que l'attractivité des écoles.

Les écoles du groupe INSA occupent des positions très différentes : Lyon et Toulouse apparaissent dans le premier groupe, Rennes, Rouen et Strasbourg forment un niveau intermédiaire supérieur, tandis qu’INSA Centre Val de Loire se situe autour de la partie médiane basse du graphique.

La dispersion est également visible parmi les universités de technologie et les écoles du réseau Polytech. Elle peut s’expliquer par la localisation, le nombre de places, la spécialisation des cursus, l’ancienneté de l’établissement ou la composition de son vivier de candidats.

Sélectivité et taille des promotions

Le niveau de sélectivité dépend à la fois de la demande et du nombre de places proposées. À attractivité comparable, une école recrutant 700 étudiants doit mécaniquement descendre plus loin dans le classement qu’une formation de 30 places.

Le score ne doit donc pas être lu comme une mesure pure de prestige ou de qualité. Il décrit un équilibre observé entre le niveau des candidats, leurs décisions d’intégration et la capacité d’accueil de l’établissement.

Cette relation explique pourquoi certaines petites formations apparaissent très haut dans le graphique. Leur score peut être statistiquement cohérent, mais il repose sur un nombre limité d’intégrés et peut varier davantage d’une année à l’autre.

Pierre Quiros
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Pierre Quiros